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jeudi 15 janvier 2026Actualités

La Cosmetic Valley ouvre 2026 sous le signe de la régénération

La Cosmetic Valley ouvre 2026 sous le signe de la régénération

À l’occasion de sa conférence de presse de début d’année (organisée à Paris le 15 janvier 2026), la Cosmetic Valley a dressé un état des lieux de la filière cosmétique française. Son président, Marc-Antoine Jamet, s’est exprimé sur les fragilités du secteur, ses défis géopolitiques et réglementaires, mais aussi sur les leviers à activer pour préserver un écosystème qui demeure un pilier du commerce extérieur français.

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Marc-Antoine Jamet a ouvert la conférence par un rappel clair : la cosmétique reste l’un des grands atouts industriels français.
La France demeure le premier exportateur mondial de cosmétiques, avec 14,1 % de parts de marché, loin devant les États-Unis (7,9 %).
Mais en vingt ans, la France a perdu 6 points de parts de marché à l’export, soit près de 10 milliards d’euros.

L’année 2025 marque un tournant. Pour la première fois (hors période Covid), les exportations françaises de cosmétiques ont reculé, à 22,3 milliards d’euros, soit –1 % par rapport à 2024.
“Nous conservons la plus grosse part du gâteau mondial, mais cette part diminue”, a résumé le président de la Cosmetic Valley,

États-Unis et Chine : deux zones sous tension

Le ralentissement de 2025 s’explique largement par le retournement des deux principaux marchés mondiaux.
Aux États-Unis, la guerre commerciale déclenchée au printemps 2025 a profondément déstabilisé les flux.
Jusqu’alors exempts de droits de douane, les cosmétiques français ont été frappés par une combinaison de taxes atteignant 15 % sur les produits finis, auxquelles s’ajoutent 50 % de droits additionnels sur certains composants métalliques d’emballages.
Résultat ? Les exportations françaises vers les États-Unis ont chuté de –17 % entre les dix premiers mois de 2024 et ceux de 2025, soit une perte de plus de 500 millions d’euros. Selon les estimations citées, près de 10 900 emplois seraient menacés, directs et indirects. “Les droits de douane ne sont pas une abstraction : ils touchent directement l’emploi, l’investissement et la compétitivité de notre filière”, a insisté Marc-Antoine Jamet.

En Chine, la situation est différente mais tout aussi “préoccupante”.
Après une croissance fulgurante pendant deux décennies, les importations chinoises de cosmétiques se sont contractées. Les exportations françaises sont restées stables à 1,5 milliard d’euros, mais dans un contexte de ralentissement durable de la consommation et de montée en puissance de la concurrence locale.
“L’accès au marché est également contraint par la règlementation CSAR, qui expose notre industrie à un risque toujours plus grand de nouveaux tests, mesures, procédures, notamment sur les allergènes, qui vont bien au-delà des pratiques internationales existantes. Impliquant coûts et des délais supplémentaires, cela représente des barrières d’accès aux marchés, des freins à l’innovation”, reprend Marc-Antoine Jamet.

Quid de l’Europe ?

Face à ces tensions, l’Union européenne joue un rôle d’amortisseur. En 2025, les exportations françaises de cosmétiques vers l’UE ont progressé de +4 %, à contre-courant de la tendance globale.
Mais Marc-Antoine Jamet a alerté sur un autre risque : celui d’un “empilement normatif européen” qui affaiblirait la compétitivité du secteur. “Trop de normes, trop de procédures, trop d’injonctions contradictoires peuvent produire l’effet inverse de celui recherché”, a-t-il prévenu.

Pour le président de Cosmetic Valley, la priorité est claire : simplifier sans renoncer à l’exigence de sécurité et redonner de la visibilité aux entreprises.

Une reconnaissance encore insuffisante de la cosmétique comme pilier stratégique

Dernier axe fort du discours : la place de la cosmétique dans la stratégie industrielle française.
Si la filière est un contributeur majeur à la balance commerciale, elle reste insuffisamment reconnue comme un levier de compétitivité nationale, de création d’emplois et de soft power. “Nous ne vendons peut-être pas des Rafale ou des Airbus, mais nous portons des sujets essentiels pour l’avenir économique du pays”, a souligné Marc-Antoine Jamet.

2026 : la stratégie de régénération en action

Pour répondre aux tensions économiques, réglementaires et industrielles, Cosmetic Valley déploiera en 2026 une feuille de route articulée autour d’un principe central : la régénération.
L’objectif est clair : renforcer la résilience de la filière et préparer ses transformations de long terme.

Concrètement, le pôle entend :
• renforcer la représentation collective de la filière en France et à Bruxelles, en lien avec la FEBEA, avec l’objectif de structurer un comité de filière européen,
• soutenir l’innovation et la compétitivité industrielle, en accélérant la R&D collaborative, l’industrialisation des projets et l’accès au financement, notamment pour les PME et ETI,
• agir sur les compétences, en renforçant l’attractivité des métiers et l’adéquation des formations aux besoins industriels et scientifiques,
• accompagner l’internationalisation des entreprises.

JS
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