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vendredi 20 février 2026Écoresponsabilité

Coalition Consigne Cosmétique : premier bilan d'étape

Coalition Consigne Cosmétique : premier bilan d'étape

Après deux ans de travaux, la “Coalition Consigne Cosmétique” a livré un premier retour terrain sur le réemploi des contenants. Réunissant une vingtaine de marques, des distributeurs et des partenaires de logistique et de lavage, le collectif (piloté par Circul’R, avec un financement de Citeo à 70 %) a présenté ses résultats lors d’une table ronde durant la Paris Packaging Week 2026.

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Lucie Perrin, Consultante Senior chez Circul’R, a animé les échanges pour passer en revue l’adhésion des consommateurs, la solidité de la boucle logistique et les limites du travail en coalition.
Elle était accompagnée de Pauline de Rodellec, Directrice RSE de Diptyque, de Laure-Anne Dumas, Directrice RSE de La Rosée, d’Hélène Villecroze, Product Sustainability Lead chez Chanel Parfums Beauté et d’Alice André, Impact Manager chez Yves Rocher.

Des intentions fortes… et des performances contrastées

Sur le principe, l’adhésion à la consigne ne fait pas débat. Laure-Anne Dumas évoque une étude menée durant l’expérimentation. “Plus de 800 personnes ont répondu. 95 % des répondants se déclarent prêts à ramener leur contenant. 76 % disent que la consigne les inciterait à racheter le produit plutôt qu’un équivalent non réemployable”.
Pour autant, les taux de retour observés diffèrent selon les circuits. En pharmacie, La Rosée enregistre “autour de 8 %”. Dans les réseaux intégrés qui ont poursuivi l’expérimentation, comme Yves Rocher ou Aroma-Zone, le taux atteint “19 % avec une montée en puissance au fur et à mesure des mois”.
Laure-Anne Dumas explique que pour adhérer au système de consigne, le facteur temps est déterminant. “L’expérimentation est longue. Il faut laisser le temps au consommateur de finir son produit. La visibilité en point de vente joue également un rôle clé. Après six mois, plus d’un consommateur sur deux en pharmacie n’était pas au courant du dispositif de consigne mis en place”.

Chez Diptyque, Pauline de Rodellec insiste sur l’importance de la mobilisation des équipes en boutique. Formation dédiée, désignation d’un ambassadeur du réemploi par boutique, concours interne. Résultat, “la marque a collecté à peu près deux fois et demi l’objectif initial de flacons”.

Dans le circuit sélectif, l’exercice s’est révélé plus délicat. Hélène Villecroze évoque “un taux de retour autour de 1 %”. Au-delà de l’incitation, la question porte sur le discours. “Il faut réussir à trouver de quelle façon on peut rendre cette expérience désirable et comment on peut l’associer aux codes du luxe”.

Focus sur la boucle logistique

Les contenants rapportés en magasin sont triés, envoyés chez un laveur puis retournés aux marques.
Chez Chanel, “on a un gain environnemental dès la première boucle de réemploi”.
Chez Yves Rocher, les résultats deviennent favorables au bout de la deuxième réutilisation”. Mais ces performances dépendent de plusieurs paramètres, en particulier des volumes. “Il fallait atteindre un minimum de volume et de taux de retour pour que l’impact du transport soit absorbé”, précise Alice André.

Sur le plan technique, le verre apparaît comme particulièrement adapté. Les principaux points d’attention concernent la tenue des décors, notamment sur aluminium ou sur des contenants laqués, soumis aux frottements tout au long de la boucle.

Un pour tous, tous pour un !

Les intervenantes ont également partagé leur retour d’expérience sur le travail en commun, dans un secteur pourtant fortement concurrentiel.
Pour Chanel, la coalition a permis de “partager, confronter les idées et de dialoguer directement avec les distributeurs”.
Pour Diptyque, “le collectif a facilité la conviction interne en montrant que la consigne n’est pas uniquement une nouvelle idée de l’équipe RSE, mais un mouvement sectoriel”.
Chez Yves Rocher, l’initiative a constitué un vrai accélérateur en interne.

En conclusion, Lucie Perrin insiste sur la dimension collective du projet. “L’union des acteurs est primordiale dans ce type d’initiatives. Ça permet de mutualiser les flux, de partager les grands enseignements et d’avoir une plus grande force de frappe, non seulement aux yeux du consommateur, mais aussi en interne. Il faut démocratiser cette pratique, réunir des marques et en embarquer le plus possible pour avoir un plus gros impact sur l’industrie”.

JS
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