
À l’occasion de la Paris Packaging Week 2026, Rémy Oudghiri, Directeur Général de Sociovision (Groupe Ifop), a présenté les résultats d’une étude internationale menée en juin 2025. L’objectif : comprendre ce qui motive aujourd’hui l’achat de produits et d’expériences de luxe, dans un contexte économique et sociétal marqué par l’incertitude.
L’enquête a été menée auprès de plus de 4 500 consommateurs de produits de luxe répartis entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.
Premiers enseignements
Malgré les mutations du marché, les moteurs fondamentaux d’achat de produits de luxe restent relativement constants.
La dimension d’investissement reste importante, notamment dans un contexte géopolitique instable. Le luxe continue d’être perçu comme un “actif capable de traverser le temps et de se transmettre”.
La dimension statutaire conserve également un poids considérable. Le luxe reste un outil d’affirmation sociale et de distinction. “À ces deux piliers historiques s’ajoute une logique de récompense, renforcée ces dernières années. Le luxe devient un moyen de se redonner confiance ou de s’accorder une pause dans des environnements professionnels sous pression”, commente Rémy Oudghiri.
Enfin, la dimension d’évasion reste centrale, le luxe jouant un rôle de refuge émotionnel face aux tensions contemporaines.
Différents types de consommateurs
L’étude distingue cinq grands profils, aujourd’hui présents dans toutes les zones géographiques, avec des niveaux de représentation proches.
Les hédonistes représentent 23 % des clientèles. Le luxe est pour eux une récompense ponctuelle et une source de confiance.
Les connaisseurs (19 %) sont orientés expertise, transmission et qualité durable. Le luxe est perçu comme un investissement dans le temps.
Les créatifs (22 %) utilisent le luxe comme source d’inspiration dans leur vie quotidienne et comme moteur d’expression personnelle.
Les consommateurs statutaires (18 %) recherchent avant tout la reconnaissance sociale et l’affirmation d’un niveau de réussite.
Enfin, les rêveurs (18 %) voient dans le luxe un moyen d’évasion et de projection dans un futur plus positif.
Produit ou expérience ?
Certains groupes statutaires restent très attachés au produit, qui matérialise le statut social. Les profils créatifs, à l’inverse, privilégient largement l’expérience, dans une logique de plaisir instantané.
Chaque typologie projette des attentes spécifiques. Les hédonistes privilégient les expériences liées au plaisir immédiat, notamment dans le tourisme, la gastronomie ou le soin.
Les créatifs recherchent des expériences capables de nourrir leur identité et leur inspiration, avec un intérêt marqué pour la seconde main et le vintage.
Les statutaires attendent un accompagnement, du conseil et des expériences de la part des marques.
Les connaisseurs privilégient l’accès à l’information du produit, à l’histoire et aux savoir-faire.
Les rêveurs recherchent la nouveauté, la découverte et l’immersion dans de nouveaux univers.
Quels défis pour l’industrie du luxe ?
Rémy Oudghiri identifie trois défis majeurs.
Le premier concerne l’expérience physique, qui reste centrale malgré la digitalisation. Les consommateurs attendent toujours du conseil humain.
Le deuxième porte sur l’éthique. La plupart des clients est désormais sensible aux enjeux environnementaux et sociétaux.
Enfin, l’intelligence artificielle s’impose comme un levier clé de la relation client. La grande majorité des consommateurs de produits de luxe y ont déjà recours et considèrent légitime que les marques l’utilisent dans leurs interactions.












