
La durabilité dans la cosmétique ne se résume plus à réduire son impact environnemental. L’enjeu est désormais de devenir régénératif, c’est-à-dire de restituer plus qu’on ne prend. L’industrie a déjà tous les outils pour y parvenir. Ce qui manque, c’est la décision de les mobiliser, et le courage d’en rendre compte honnêtement. C’est la conviction que Ruth Andrade, Directrice du développement durable chez Lush, est venue défendre lors du Beauty Leaders Summit (tenu à Paris les 6 et 7 mai 2025).
Pour introduire son propos, Ruth Andrade décrit un shampoing fictif. Ses tensioactifs sont produits par des champignons, sans huile de palme ni pétrochimie. Ses huiles viennent de fermes régénératives ou de forêts préservées. Son emballage est fabriqué à partir de déchets agricoles et peut être rechargé. Le produit est auto-conservé, concentré, fabriqué localement. Sa formule est personnalisée selon le microbiome capillaire du consommateur. Chacune de ces innovations existe déjà. “Tout le monde dans cette salle en fait une partie. Personne ne fait tout. Le futur de la beauté est déjà là”, résume-t-elle.
Des limites planétaires déjà franchies
Ruth Andrade rappelle ensuite le contexte scientifique. Les limites planétaires, théorisées par le Stockholm Resilience Centre, définissent les seuils au-delà desquels les conditions de vie sur Terre deviennent instables. En 2009, les scientifiques avaient identifié sept limites planétaires et trois d’entre elles étaient déjà franchies. En 2015, ce chiffre passait à 4.
En 2025, sur neuf paliers désormais évalués, 7 sont dépassés, dont l’acidification des océans. “Sans un cycle de l’eau qui fonctionne, sans des températures gérables, il n’y a pas d’industrie cosmétique. Ce n’est pas une option, c’est une condition de survie de l’industrie.”
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